Le dilemme d'HippocrateLe système de santé à l'épreuve de la crise

Cinéma

Hippocrate : vive le collectif de travail !

airmaxpascher

Posté le dans la rubrique Culture
Hippocrate, un film de  Thomas Lilti, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Félix Moati, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt.

Hippocrate, un film de Thomas Lilti, avec Vincent Lacoste, Reda Kateb, Félix Moati, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt.

Le cinéma n’a jamais montré l’hôpital public aussi crûment : ses murs lépreux, ses vitres crasseuses, ses conditions de travail éprouvantes, de jour comme de nuit, souvent en sous-effectifs, dans des conditions matérielles dégradées. Le documentaire misérabiliste s’arrête là. Hippocrate est fiction hyper réaliste, certes, mais joyeuse, optimiste. Son réalisateur Thomas Lilti est aussi médecin généraliste. Il remplace toujours ici et là, trouvant, entre médecine et cinéma, une « liberté », a-t-il expliqué au Monde. Il n’a pas perdu le goût du soin.

Très scénarisée, l’action se noue dans le service de médecine interne d’un grand hôpital parisien autour de 2 médecins. Le premier, Benjamin (Vincent Lacoste) est un interne immature de 23 ans, à des années-lumières des folles responsabilités qu’il va devoir, tout de suite, assumer. Il est aussi lunaire et sympathique, ce qui le rachète d’être le fils de son chef de service. Le second, (Reda Kateb) « fait fonction d’interne » : algérien, expérimenté, compétent, il ravale l’humiliation quotidienne d’être rabaissé au statut de sous-interne. Forcément, le second sauve la mise au premier, puis vice et versa. Lire la suite →

Appel à témoins

Portraits de jeunes médecins généralistes, appel à témoins

Posté le dans la rubrique Témoignage

« Les médecins sont des enfants gâtés. A la campagne, ils vivent dans de belles maisons, roulent dans de belles bagnoles… Pourquoi ils ne veulent plus s’y installer ? » C’est à ce genre d’interrogations (volées au comptoir d’un bistrot) que j’aimerais répondre, dans Mediapart, avec une série de portraits de jeunes médecins généralistes. Je vais m’appuyer sur les travaux de la sociologue Géraldine Bloy, qui a suivi pendant plusieurs années une cohorte d’une cinquantaine de médecins généralistes, dés leur internat. Je souhaite recueillir les témoignages de 4 MG sur leur exercice, leur conception de ce métier, en rupture (ou pas) avec les génération précédentes, l’équilibre qu’ils cherchent (et qu’ils trouvent peut-être) entre vie professionnelle et vie privée, leur charge de travail, leurs revenus, etc. A priori, j’ai en tête 4 profils différents :

- un(e) MG qui s’est rapidement installé en zone rurale en cabinet libéral (MSP ou cabinet classique),

- un(e) MG urbain en exercice mixte libéral/salarié, ville/hôpital/centre de santé/PMI/médecine scolaire, etc.,

- un(e) MG qui a évolué vers une autre spécialité (urgences, gériatrie, psychiatrie, homéopatie, nutrition, etc.),

- une(e) MG à temps partiel.

Cette idée de départ est bien sûr susceptible d’évoluer au fil de l’enquête. Si vous souhaitez témoigner, contactez moi par mail, merci !

Caroline Coq-Chodorge

ccoqchodorge@gmail.com

Taux d’équipement en IRM : gare à l’intox !

Posté le dans la rubrique Les études, Santé publique

Chaque année, l’association Imagerie santé avenir (Isa) inonde les médias avec son étude, toujours « alarmante », sur le sous-équipement français en IRM. Petit détail : cette association représente les intérêts des industriels de l’imagerie. Catastrophe en 2014 : le délai d’attente moyen « en urgence » pour un IRM est 37,7 jours. C’est la « pire année » depuis que cette étude est réalisée (2003). C’est effectivement inquiétant Lire la suite →

Risques psychosociaux

Les médecins se suicident 2, 48 fois plus, vraiment?

Le 19 février, ont débuté de -toujours- difficiles négociations entre les syndicats médicaux et l’assurance maladie. L’occasion pour l’Union française pour la médecine libre (UFML) d’aller se pendre symboliquement sous les fenêtres du ministère de la Santé. Le matin, ce syndicat a eu les honneurs de l’interview de 7h50  sur France Inter. Hyper minoritaire, L’UFML est né de la jacquerie des « médecins pigeons » contre tout encadrement des dépassements d’honoraires. Il est opposé à toute forme de régulation  complémentaires santé… et même partisan de la sortie de la sécurité sociale.

En un peu plus de 6 minutes, tout y passe : le tiers payant , c’est la fin de la liberté aux médecins, le début de la financiarisation de la santé, le règne du consumérismes des patients. Mieux vaut « faire sortir » les pauvres de leurs difficultés économiques : « pour ces gens là », l’accès aux soins « n’est qu’une infime partie des problèmes économiques ». Je résume, c’est lassant, je continue à grignoter ma tartine. Dépitée, j’imagine que les journalistes santé de Radio France souffrants ce jour-là. Lire la suite →

Santé publique

No mammo dispute!

Posté le dans la rubrique Les études 7 Comments

Je me suis mise toute seule au défi d’écrire sur le dépistage organisé du cancer du sein. Le sujet est complexe, entremêle des questions médicales, scientifiques et éthiques. Voici une goutte de contradiction dans une controverse mondiale.Tout part de ce tweet de Dominique Dupagne, qui m’a doublement agacé :

Aparté : les journaux meurent beaucoup en ce moment, cela me touche, dans tous les sens du terme. Je confesse un réflexe corporatiste.

Dominique Dupagne réagissait à une interview par Libération de Jérôme Viguier, illégitime selon lui à s’exprimer sur le dépistage organisé du cancer du sein, qui invite toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans à réaliser une mammographie tous les 2 ans. Jérôme Viguier est le directeur du pôle santé publique et soins de l’Institut national du cancer. Le dépistage du cancer en France, c’est quand même son rayon. Lire la suite →

Handicap

La danse immobile de Thierry Monfray

J’ai croisé Thierry Monfray à l’occasion d’un article sur la prise en charge de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). Il est acteur et a ressenti ses premières difficultés motrices sur le plateau du Roi Lion en 2008. Depuis, il n’a pas cessé de travailler. Sa maladie est pourtant terrible: une dégénérescence des cellules qui commandent les muscles volontaires, les membres, la respiration, la déglutition, la parole. Avec son amie Clémentine Célarié, il a imaginé de nouveaux spectacles qui s’adaptent à la progression de son handicap. Parce qu’il est en fauteuil roulant, il a lu Maupassant assis derrière une table. Et puisque sa voix ne porte plus assez, il prépare un spectacle de « danse immobile ». Parmi les choses qui ne sont plus à sa portée: faire appel aux circuits traditionnels d’aides à la création. Trop long. Il ne sait pas où il en sera dans un an. Il fait donc appel au crowfunding. Il lui manque 10 000 euros, une paille, par ici: http://www.kisskissbankbank.com/la-danse-immobile

Inégalités

Ça coûte combien d’être vraiment très malade ?

Posté le dans la rubrique Carnets de santé

Prenons l’exemple de la sclérose latérale amyotrophique (SLA). C’est une maladie terrifiante, une dégénérescence des motoneurones, les cellules nerveuses qui commandent les muscles volontaires. Peu à peu, les membres, la respiration, la déglutition et la parole sont atteints. Le cerveau lui n’est pas touché. Le plus connu de ces malades est le physicien britannique Stephen Hawking, mais il est totalement atypique, puisqu’il vit encore à plus de 70 ans, alors que sa maladie s’est déclarée à l’âge de 20 ans. L’espérance de vie médiane des malades de la SLA est en effet de 3 ans.En France, ces malades ont bien sûr droit à la plus grande solidarité. Ils bénéficient du régime des affections longue durée (ALD) – les maladies graves et longues- qui assurent une prise en charge à 100% de tous les soins remboursés par l’assurance maladie. Mais puisque le diable est toujours dans les détails en matière de santé, ces malades ont souvent les plus fortes sommes restant à leur charge. Car la plupart des dispositifs médicaux indispensables à leur vie quotidienne ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Lire la suite →

L'actualité

Hôtel Dieu: le faux nez des urgences

Posté le dans la rubrique L'actualité

Vu de l’intérieur, l’Hôtel Dieu se meurt sans bruit. Les coursives de ce splendide hôpital du XIXe siècle sont fraîches et désertes, l’atmosphère presque monastique, avec dans l’air le tintement des cloches de Notre-Dame. Dans l’arène médiatique, en revanche, c’est un vrai tintamarre. Le petit monde hospitalier et politique parisien se déchire sur l’avenir du service des urgences, alors que l’hôpital est déjà aux trois quarts vide. Dernier épisode : « l’occupation » d’une salle de l’hôpital depuis lundi 2 septembre par le « comité de défense », une vingtaine de personnes tout au plus. En réplique, la communauté médicale du groupe hospitalier Cochin-Hôtel Dieu –c’est-à-dire tous ses chefs de service- réclame « à l’unanimité » la fermeture des urgences dès le 4 novembre.

Mais qu’est venu faire la ministre de la Santé dans cette galère? Elle a encore ajouté à la confusion en annonçant au début de l’été le report de la fermeture des urgences à 2014… sous-entendu après les élections. Lire la suite →

A bout de souffle, le système de santé a « deux verrous : l’assurance maladie et les médecins »

Posté le dans la rubrique Les études

Toute réforme qui viserait à rendre le système de santé « plus efficace » est confrontée à « deux verrous importants : les médecins et l’assurance maladie. Il y a une collusion entre la CSMF et l’assurance maladie sur le dos des assurés ». Peu embarrassés par les habituels jeux d’équilibrisme politique, les économistes de la santé Brigitte Dormont, Philippe Askenazy , Pierre-Yves Geoffard et Valérie Paris commentent ainsi leur passionnant travail critique et prospectif intitulé « Pour un système de santé efficace », réalisé au nom du Conseil d’analyse économique. « Les difficultés sont bien identifiées », a rappelé Brigitte Dormont.  Premier constat : le système de santé français coûte cher (c’est le 4e le plus cher au monde) et ses performances sont « bonnes sans être exceptionnelles ». Il est aussi dans une impasse : il vit encore sur le mythe « sérieusement écorné » du « pacte de 1945″ Lire la suite →

Sondage

Les jeunes médecins ne connaissent pas la crise

Posté le dans la rubrique L'actualité 1 Comment

Qu’importe la violence de la crise et les chômeurs par millions : 66% des jeunes médecins sont prêts à  renoncer à leur métier pour des raisons liées à leurs conditions d’exercice, comme « la surcharge de travail, le stress » (24%) ou si on leur demande de s’ « installer dans une région différente » de celle qu’ils ont choisi (22%). C’est l’un des résultats d’un sondage réalisé à la demande du Syndicat des internes des hôpitaux de Paris par l’insitut Ipsos, qui a interrogé  près de 1600 jeunes médecins d’Île-de-France. Bien sûr, le syndicat agite ce chiffre comme un chiffon rouge: si vous limitez notre liberté d’installation, nous quitterons le navire ! Mais pour aller où ? Ne voient-ils pas que tout autour d’eux, dans l’économie réelle, leurs patients ou leurs proches sont chahutés par la crise? Lire la suite →

Mon fil twitter